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Conseils du couvreur · 7 juillet 2026

Gouttière alu ou zinc : comparatif pour le climat provençal

Remplacer ses gouttières, c’est souvent l’occasion de se poser la question du matériau. Dans le Sud Luberon et la vallée de la Durance, deux solutions dominent largement : l’aluminium, très répandu sur les maisons récentes, et le zinc, matériau historique des couvreurs-zingueurs, omniprésent dans les villages anciens. Le PVC existe aussi, mais il supporte mal les écarts de température et le soleil intense de la région.

Chaque matériau a ses atouts et ses limites. Le bon choix dépend du style de la maison, de la configuration de la toiture, de l’exposition et des attentes en matière d’entretien. Voici un comparatif pratique, sans parti pris.

La gouttière en aluminium

Ses points forts

La gouttière aluminium se fabrique généralement sur place, à partir d’une bobine, grâce à une machine qui profile le métal à la longueur exacte de la façade. On obtient ainsi une gouttière continue, sans jonction sur toute la longueur, ce qui supprime l’un des points de fuite les plus fréquents. L’aluminium est léger, ne rouille pas et existe dans un large choix de teintes laquées, ce qui permet de l’assortir aux menuiseries ou aux enduits.

Son entretien est minimal : pas de peinture, pas de traitement, un simple nettoyage des débris suffit. Pour une maison contemporaine ou une villa aux lignes nettes, c’est une solution esthétique et pratique.

Ses limites

L’aluminium est plus fin que le zinc et se déforme plus facilement sous un choc : une échelle mal appuyée, une branche tombée ou un gros grêlon peuvent le cabosser. Sa couleur laquée, si elle est mal choisie, peut détonner sur une façade ancienne. Enfin, les réparations ponctuelles sont moins évidentes : on remplace plutôt un tronçon entier.

Pose d’une gouttière en aluminium sur une maison récente

La gouttière en zinc

Ses points forts

Le zinc est le matériau traditionnel de la zinguerie. Avec le temps, il se couvre d’une patine grise mate qui le protège naturellement de la corrosion et s’accorde parfaitement avec les tuiles canal, la pierre et les enduits à la chaux. Dans un centre ancien, c’est souvent le seul matériau qui s’intègre vraiment, et il est parfois exigé par les règles d’urbanisme locales.

Le zinc est plus épais et plus rigide que l’aluminium, ce qui le rend résistant aux chocs. Il se travaille, se façonne et se soude : un zingueur peut réaliser des pièces sur mesure, des raccords complexes, des dauphins, des naissances et des chéneaux adaptés à chaque configuration. Il se répare aussi localement, par soudure à l’étain.

Ses limites

La gouttière zinc est posée par éléments assemblés et soudés. Ces jonctions, bien réalisées, sont durables, mais elles demandent un vrai savoir-faire. Le zinc se dilate avec la chaleur, ce qui impose de prévoir des joints de dilatation sur les grandes longueurs, surtout en façade sud sous le soleil provençal. Il faut aussi éviter son contact direct avec certains matériaux, comme le cuivre ou certains bois acides, qui peuvent l’attaquer.

Comparatif face au climat provençal

Le soleil et la chaleur

Les deux métaux supportent bien les fortes chaleurs. Le zinc se dilate davantage, d’où l’importance des joints de dilatation et d’une fixation qui laisse le métal travailler. L’aluminium laqué peut voir sa teinte légèrement pâlir au fil des années sur les façades très exposées, surtout pour les couleurs foncées.

Le mistral

Le vent sollicite surtout les fixations et les descentes. Quel que soit le matériau, l’espacement des crochets et la solidité des colliers de descente sont déterminants. Le zinc, plus lourd et plus rigide, vibre moins ; l’aluminium, plus léger, demande une fixation soignée pour ne pas se déformer.

Les orages et la grêle

Lors des orages violents, la capacité d’évacuation compte plus que le matériau : section de la gouttière, nombre et diamètre des descentes. Face à la grêle, le zinc résiste mieux aux impacts que l’aluminium fin.

Tableau de synthèse en quelques points

  • Esthétique ancienne et centre de village : avantage au zinc.
  • Maison contemporaine, choix de couleurs : avantage à l’aluminium.
  • Absence de jonctions sur la longueur : avantage à l’aluminium profilé sur place.
  • Résistance aux chocs et réparabilité : avantage au zinc.
  • Pièces sur mesure et configurations complexes : avantage au zinc.
  • Entretien courant : équivalent, un nettoyage régulier suffit dans les deux cas.

Les critères à vérifier au-delà du matériau

Une gouttière performante, c’est d’abord une gouttière bien dimensionnée et bien posée. Le matériau ne compense jamais une pente insuffisante, des descentes trop peu nombreuses ou des crochets trop espacés.

  • Section adaptée à la surface de toiture à évacuer
  • Nombre et position des descentes
  • Pente régulière vers les naissances
  • Espacement et solidité des crochets
  • Joints de dilatation sur les grandes longueurs en zinc
  • Raccordement au réseau d’eaux pluviales ou rejet loin des fondations

Pensez aussi à la cohérence de l’ensemble : mélanger zinc et cuivre, ou poser une gouttière aluminium sur des solins en zinc, doit se faire en respectant les compatibilités entre métaux. Un zingueur saura vous orienter.

Notre avis d’artisan

Il n’y a pas de gagnant absolu. Sur une maison de village aux tuiles canal et à la génoise préservée, le zinc s’impose naturellement. Sur une construction récente, l’aluminium offre un excellent compromis entre esthétique, étanchéité et facilité d’entretien. Dans tous les cas, prenez le temps de vérifier les règles locales si votre maison se trouve dans un secteur protégé.

Pour découvrir nos réalisations, consultez nos pages pose de gouttières alu et gouttières zinc. Pour un conseil adapté à votre façade et un devis gratuit, contactez-nous.

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